Sirène de Brest
Le texte Sirène de Brest est calqué sur Brest, de Miossec, dont le texte figure également sur cette page.
Rebond écrit pour la voix de Waël, pour son départ de Brest
Sirène de Brest
Brest – Miossec
Est-ce qu’en m’désarmant, tu te délestes
Ce jour d’avoir pu quitter Brest ?
Parade de pores, nos îles de gestes
Volant dans l’avenir, genre d’ivresse
On l’sait bien : on s’disait « presque »
On allait unir nos jeunesses
A l’orée d’une grand’ forêt de zestes
Mais pas d’baume aux îles, d’yeux qui s’déversent
Sirène, sirène, sirène de Brest
Dans l’fond d’tes yeux, la nuit se tresse
Sirène, sirène, sirène de Brest
Mes pattes errent, dans des averses
Le retour en ce Sud, on le dit liesse ?
La vue si amère, son bruit m’oppresse
C’est pas une planque, un beau lit, est-ce…
Juste sûr, que tu t’fais mirage ou carrosse ?
J’oscille de pas, c’est manifeste
J’signais pas, non, mais nos corps au loin s’délaissent
Il fleurait bien, oui, qu’la nuit disait caresse
Mon doigt touche au jour, rien d’léger Brest
Sirène, sirène, sirène de Brest
Dans l’fond d’tes yeux, d’la pluie se trace
Sirène, sirène, sirène de Brest
Dans l’fond d’mes yeux, d’la nuit se tresse
Sirène, sirène, sirène de Brest
Ma patte erre, avec toi converse
Sirène, sirène, sirène de Brest
Est-ce qu’en toi aussi, ton pouls digresse ?
Est-ce qu’en toi aussi, presque disait Brest
Qu’à descendre les quais, ce disque repasse ?
Est-ce qu’à la nuit au loin, l’incertain t’apaise ?
Est-ce que désormais tu me détestes
D’avoir pu un jour quitter Brest ?
La rade, le port, ce qu’il en reste
Le vent dans l’avenue Jean Jaurès
Je sais bien qu’on y était presque
On avait fini notre jeunesse
On aurait pu en dévorer les restes
Même au beau milieu d’une averse
Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest
Mais nom de Dieu, que la pluie cesse
Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest
Même la terre part à la renverse
Le Recouvrance que l’on délaisse
La rue de Siam, ses nuits d’ivresse
Ce n’est pas par manque de politesse
Juste l’usure des nuages et de tes caresses
Ceci n’est pas un manifeste
Pas même un sermon, encore moins une messe
Mais il fallait bien qu’un jour je disparaisse
Doit-on toujours protéger l’espèce?
Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest
Mais nom de Dieu, que la pluie cesse
Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest
Mais nom de Dieu, que la pluie cesse
Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest
Même la terre part à la renverse
Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest
Est-ce que toi aussi ça te bouleverse?
Est-ce que toi aussi ça te bouleverse
Ces quelques cendres que l’on disperse?
Est-ce qu’aujourd’hui au moins quelqu’un te berce?
Jean-Marie Loison-Mochon