Sirène de Brest - Jean-Marie Loison-Mochon

Sirène de Brest

Le texte Sirène de Brest est calqué sur Brest, de Miossec, dont le texte figure également sur cette page.

Rebond écrit pour la voix de Waël, pour son départ de Brest

Sirène de Brest

Brest – Miossec

Est-ce qu’en m’désarmant, tu te délestes

Ce jour d’avoir pu quitter Brest ?

Parade de pores, nos îles de gestes

Volant dans l’avenir, genre d’ivresse

On l’sait bien : on s’disait « presque »

On allait unir nos jeunesses

A l’orée d’une grand’ forêt de zestes

Mais pas d’baume aux îles, d’yeux qui s’déversent

 

Sirène, sirène, sirène de Brest

Dans l’fond d’tes yeux, la nuit se tresse

Sirène, sirène, sirène de Brest

Mes pattes errent, dans des averses

 

Le retour en ce Sud, on le dit liesse ?

La vue si amère, son bruit m’oppresse

C’est pas une planque, un beau lit, est-ce…

Juste sûr, que tu t’fais mirage ou carrosse ?

J’oscille de pas, c’est manifeste

J’signais pas, non, mais nos corps au loin s’délaissent

Il fleurait bien, oui, qu’la nuit disait caresse

Mon doigt touche au jour, rien d’léger Brest

 

Sirène, sirène, sirène de Brest

Dans l’fond d’tes yeux, d’la pluie se trace

Sirène, sirène, sirène de Brest

Dans l’fond d’mes yeux, d’la nuit se tresse

Sirène, sirène, sirène de Brest

Ma patte erre, avec toi converse

Sirène, sirène, sirène de Brest

Est-ce qu’en toi aussi, ton pouls digresse ?

 

Est-ce qu’en toi aussi, presque disait Brest

Qu’à descendre les quais, ce disque repasse ?

Est-ce qu’à la nuit au loin, l’incertain t’apaise ?

Est-ce que désormais tu me détestes

D’avoir pu un jour quitter Brest ?

La rade, le port, ce qu’il en reste

Le vent dans l’avenue Jean Jaurès

Je sais bien qu’on y était presque

On avait fini notre jeunesse

On aurait pu en dévorer les restes

Même au beau milieu d’une averse

 

Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest

Mais nom de Dieu, que la pluie cesse

Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest

Même la terre part à la renverse

 

Le Recouvrance que l’on délaisse

La rue de Siam, ses nuits d’ivresse

Ce n’est pas par manque de politesse

Juste l’usure des nuages et de tes caresses

Ceci n’est pas un manifeste

Pas même un sermon, encore moins une messe

Mais il fallait bien qu’un jour je disparaisse

Doit-on toujours protéger l’espèce?

 

Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest

Mais nom de Dieu, que la pluie cesse

Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest

Mais nom de Dieu, que la pluie cesse

Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest

Même la terre part à la renverse

Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest

Est-ce que toi aussi ça te bouleverse?

 

Est-ce que toi aussi ça te bouleverse

Ces quelques cendres que l’on disperse?

Est-ce qu’aujourd’hui au moins quelqu’un te berce?

Jean-Marie Loison-Mochon

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