La femme dont les pas fourmillent [ Jean-Marie Loison-Mochon

La femme dont les pas fourmillent

Cette femme enceinte fait les cent pas

En bord de baie, hypnotisant travail de sape ?

Des jambes au bassin, les vagues la suivent

La marée monte pour redescendre, emphase lascive

Or inlassable cette femme enceinte fait les cent pas

Entre sable et mer et sel, pour faire écouter le son ?

De la vie

Hay que merecerlo, écouter au fond

La pas-encore-mère essaime des pas, les vagues la suivent

Est-ce pour semer la mer ?

Ou lui lier son ventre rond ?

A Stang ar liou, comme entrée en procession

La mer la suit, la silhouette ne tangue pas

Cette femme enceinte multiplie les cent pas

Le ressac la frôle, l’océan la caresse

Elle ne s’affole pas, d’être à ce point suivie par les flots

Elle fait les cent pas, au beau milieu de la baie

Elle fait se délasser l’enfant, qui sait ?

Dans le sable et le sel, comme pour semer la mer ou par écho

Est-ce cela, perdre les eaux ?

 

Jean-Marie Loison-Mochon

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