Dans les bras de cette baie - Jean-Marie Loison-Mochon

Dans les bras de cette baie

Le jour finit, l’été commence

C’est insensé, un 21 juillet

J’invente un jeu, il est d’avoir oublié le temps

C’est incendié, que va commencer l’été

J’incante un peu, il faut savoir s’oublier

En bord de baie, c’est incommensurable

Comment mesurer, sur cet immense sablier ?

L’impensable vacuité, de tout ça qu’on regarde briller

En esa bahía, ébahi comme d’une intense acuité

« Era mi reino » quand les baïnes ont la mer

Et je regarde les rayons sur les flots

Les flottements d’émotion, sur ce royaume qui est mien

Il est mien mais je ne le possède pas : les mots sont là

Royaume de côtoyeur, roi au milieu de rien

Au mieux roi de moi-même, au miroir du soir qui vient

Du soleil et de l’heure reine, de la bascule

L’été sommeillait, je convoite un crépuscule

L’été sous mes yeux, convois qui s’articulent

Lettre adressée en rayons, à l’étoile ronde et bientôt en bas

Au ras de l’onde et de l’horizon

Pour une ondée de mauve bientôt là-bas

Je reste un instant encore, à sonder la saison

Dans l’instance d’un Ouest qui mue, fait son plein

De sable et de sel, plaisant plongeon

Dans cette vue désirable, d’un ciel façonnable

 

Jean-Marie Loison-Mochon

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