Dans les bras de cette baie
Le jour finit, l’été commence
C’est insensé, un 21 juillet
J’invente un jeu, il est d’avoir oublié le temps
C’est incendié, que va commencer l’été
J’incante un peu, il faut savoir s’oublier
En bord de baie, c’est incommensurable
Comment mesurer, sur cet immense sablier ?
L’impensable vacuité, de tout ça qu’on regarde briller
En esa bahía, ébahi comme d’une intense acuité
« Era mi reino » quand les baïnes ont la mer
Et je regarde les rayons sur les flots
Les flottements d’émotion, sur ce royaume qui est mien
Il est mien mais je ne le possède pas : les mots sont là
Royaume de côtoyeur, roi au milieu de rien
Au mieux roi de moi-même, au miroir du soir qui vient
Du soleil et de l’heure reine, de la bascule
L’été sommeillait, je convoite un crépuscule
L’été sous mes yeux, convois qui s’articulent
Lettre adressée en rayons, à l’étoile ronde et bientôt en bas
Au ras de l’onde et de l’horizon
Pour une ondée de mauve bientôt là-bas
Je reste un instant encore, à sonder la saison
Dans l’instance d’un Ouest qui mue, fait son plein
De sable et de sel, plaisant plongeon
Dans cette vue désirable, d’un ciel façonnable
Jean-Marie Loison-Mochon