Échanges Maëline - Jean-Marie

Comme deux lèvres

« L’eau ruisselante, doucement agitée
Ternie se trouble, devient obscure » (Au vent, Maëline Caradec)

 

L’eau rit d’ce lent tintement,
D’où se meut la rive, dans l’immobilité
Doucement la rive s’fait l’ébriété du rêve
Doucement elle s’croit dériver, vers en face
Doucement vers ce corps jumeau qui lui fait face
Elle peut s’en émouvoir, des rives du rêve
Et d’un peu se mouvoir, dériver vers la nuit et l’autre
L’autre rive en face, voie qui au jour n’est qu’impasse
Mais qu’importe, elle l’enlacera quand même
De c’que l’eau rit d’ce lent tintement, qui s’essaime
Et peu importe au jour, d’en être endolori
Car dans la rivière à la nuit, deux êtres
Deux rives en dehors de tout réel, s’enduisent
Du vernis de trouble, déviation obscure : les rêves
Deux rives déviant l’une vers l’autre, comme deux lèvres

 

Jean-Marie Loison-Mochon

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires