A la source du sang - Jean-Marie Loison-Mochon

A la source du sang

Bassin versant :

Basse inversion : dévers de poésie

Passe l’aversion : des vers, des poésies

Passe l’averse et l’onde ira

Et l’on dira que le temps longe

Que le temps long irradiera

Sans qu’on ait à irradier un noyau

Ce sang qu’on est, ce sang qu’on verse : loyaux

Loyauté à la nature, nos sangs conversent

Sans qu’on ait à verser l’ombre d’un atome

Car la nature t’a fait homme ou femme : converge

Du sang qu’on est, soumis aux seuls rayons

Du sang qu’on mise et remise comme la mer

Du sang complice, dont homme ou femme en mer

Du sang qui sous les seuls rayons, comme sous marée

Comme sous ma rétine ou la tienne, homme ou femme

Ce sang que nous butinent les seuls rayons

Homme ou femme sourions, comme la mer

Ce sang qu’en nous la lune anime

Je sens qu’en nous s’allume, comme unanime

Ce sang qu’en nous la lune ranime

Sans qu’on ait à suivre une route risquée

De sang juste une goutte, comme un ruisseau embusqué

Des sens, dévers, déversons des poésies alambiquées

Des vers déposés ici, au ruisseau

Déversés à l’anarchie des bruissements

A l’anarchie des branches mortes et des bris

Des bruits aux embranchements du ruisseau

D’ébriété de la seule eau, qui doucement

D’ébriété jusqu’à la houle des océans

Qui d’ébriété s’écoule paisiblement

 

A l’anarchie des ruisseaux et son auteur :

vers (pour) un genre d’Elysée

Jean-Marie Loison-Mochon

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