A la source du sang
Bassin versant :
Basse inversion : dévers de poésie
Passe l’aversion : des vers, des poésies
Passe l’averse et l’onde ira
Et l’on dira que le temps longe
Que le temps long irradiera
Sans qu’on ait à irradier un noyau
Ce sang qu’on est, ce sang qu’on verse : loyaux
Loyauté à la nature, nos sangs conversent
Sans qu’on ait à verser l’ombre d’un atome
Car la nature t’a fait homme ou femme : converge
Du sang qu’on est, soumis aux seuls rayons
Du sang qu’on mise et remise comme la mer
Du sang complice, dont homme ou femme en mer
Du sang qui sous les seuls rayons, comme sous marée
Comme sous ma rétine ou la tienne, homme ou femme
Ce sang que nous butinent les seuls rayons
Homme ou femme sourions, comme la mer
Ce sang qu’en nous la lune anime
Je sens qu’en nous s’allume, comme unanime
Ce sang qu’en nous la lune ranime
Sans qu’on ait à suivre une route risquée
De sang juste une goutte, comme un ruisseau embusqué
Des sens, dévers, déversons des poésies alambiquées
Des vers déposés ici, au ruisseau
Déversés à l’anarchie des bruissements
A l’anarchie des branches mortes et des bris
Des bruits aux embranchements du ruisseau
D’ébriété de la seule eau, qui doucement
D’ébriété jusqu’à la houle des océans
Qui d’ébriété s’écoule paisiblement
A l’anarchie des ruisseaux et son auteur :
vers (pour) un genre d’Elysée
Jean-Marie Loison-Mochon