A feu et à sang d’un instant
J’désire la flamboyance
J’désigne nos flammes qui dansent
Nos désirs qui s’exportent
Mon sexe à la porte du tien
Le tien qui apporte le sang au mien
Le désir est diluvien
D’où l’on vient : on s’en fout
Où je vais ? Au fond de nous
Au fond d’tout un tas d’réponses
Bientôt feu ces instants ?
Bien trop frêles ? Non attends
S’frôler encore on a l’temps
Car au loin quand j’me souviendrai d’ce temps…
Où je vais ? Au fond de nous
Au fond d’tout un tas d’réponses
Dans lesquelles j’passe et repasse
Et nos sens se repaissent
Et tes fesses ont la décence
De s’affaisser, de m’affoler
De s’affoler, de m’avaler
Dans sa folle lancée : la vie
La vie, le sang : sa fiole dansée
Dans ces courbes que nous formons
Comme deux êtres entraînés
A s’pénétrer, à s’embrasser
Absents d’toute indécence
A s’ajuster un instant
Un instant seulement, le doute feinté
Bientôt feu ces instants ?
Bien trop frêles ? Non attends
S’frôler encore on a l’temps
Car au loin quand j’me souviendrai d’ce temps
Au carreau j’voudrai nous r’voir tremblants
Au chaos j’voulais nous voir tremblants
A s’ajuster un instant
Un instant seulement, le doute feinté
Feins-tu la ferveur ?
On s’enfante une flamboyance
A la fente ensemble
Sans sangloter
De vie ensanglantés
Ensemble hanté, par le désir
A feu et à sang
A s’en blottir dans le feu
A s’en bâtir un instant
Un instant seulement, désir dansé
A feu et à sang, d’un instant !
La flamboyance d’un instant
Bientôt feu ces instants ?
Bien trop frêles ? Non attends
S’frôler encore on a l’temps
Car au loin quand j’me souviendrai d’ce temps
Au carreau j’voudrai nous r’voir tremblants
Au chaos j’voulais nous voir tremblants
Car au loin j’coudrai l’drapeau tout sauf blanc
De not’ corps s’affolant, on avait l’temps
De s’voir encore haletants
Jean-Marie Loison-Mochon
A feu et à sang